Epiard Eugène-Émile

© Mémoire des Hommes
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Capitaine
Chevalier de la Légion d’honneur
1er Régiment d’artillerie coloniale
1870-1914

Né à Montsurvent (Manche), le 22 septembre 1870, d’Alexandre, Julien Epiard, cultivateur et d’Augustine Hervieu. Maréchal-des-Logis au 1er régiment d’artillerie de Marine, il épouse à Lorient, le 22 mars 1900 Henriette, Louise Tonat. Recrutement de Saint-Lô. Matricule 767. Classe 1890.
Le 15 août 1891 à l’âge de 20 ans, il est incorporé dans l’armée et affecté au 10e escadron du train des équipages comme soldat de 2e classe. Promu brigadier puis maréchal-des-logis, il rejoint le 15 août 1894 le 1er régiment d’artillerie de marine et fait campagne au Tonkin du 5 octobre 1895 au 22 janvier 1899. Le 16 juin 1900, il est nommé adjudant et passe le 1er janvier 1901 au 1er régiment d’artillerie coloniale à Lorient et fait à nouveau campagne au Tonkin entre 1901 et 1907.  En 1903, il intègre comme élève-officier, l’École d’application de l’artillerie et du génie à Fontainebleau en Seine-et-Marne. Sous-lieutenant puis lieutenant en 1906, il sert au Tonkin puis à Madagascar où le suit sa famille du 10 juin 1910 au 7 mai 1913. À cette date, c’est le retour à Lorient et le grand bonheur de retrouver la ville et la caserne Frébault. Le 23 décembre 1913, le lieutenant Epiard est nommé capitaine et la semaine suivante, il est fait chevalier de la Légion d’honneur. Le samedi 17 janvier 1914, le vice-amiral Perrin, préfet maritime, remet, place d’Armes à Lorient, la Légion d’honneur aux nouveaux promus. À cette occasion, «des délégations de toutes les troupes de la garnison : marins, fantassins du 62e, artilleurs du 1er colonial» sont présents ainsi que les familles des récipiendaires. Le soir, les nouveaux «légionnaires» assistent au traditionnel bal de la Préfecture maritime où se côtoie le Tout-Lorient.
Ce sont les dernières festivités car le 1er août 1914 «la mobilisation des armées de terre et de mer est ordonnée.» C’est la guerre ! Après le 62e d’infanterie, le 1er régiment d’artillerie coloniale quitte les 8 et 9 août 1914 Lorient pour Révigny dans la Meuse.
Après plusieurs jours de marche, le régiment franchit la frontière belge et est confronté le 22 août 1914 à Jamoignes à «des forces ennemies très supérieures en nombre.» Le lendemain matin, les combats reprennent à Valansart et l’artillerie lourde allemande fait d’énormes ravages. Devant la puissance de feu de l’ennemi, le régiment bat en retraite tout en infligeant des pertes sérieuses à l’adversaire. Dans la nuit du 25 au 26 août, il franchit la Meuse à Marlincourt et se bat farouchement dans la forêt de Jaulnay. Quelques jours plus tard, à Saint-Rémy-sous-Bussy dans la Marne, le groupe du commandant Pol auquel appartient le capitaine Epiard «arrête net par ses feux la poursuite allemande.» Le 5 septembre, le régiment traverse la Marne et s’installe à Saint-Rémy-en-Bouzemont. L’ordre de passer à l’offensive est donné : «Tous les efforts doivent être employés à attaquer et à refouler l’ennemi.» Désormais, c’est au tour des forces ennemies de reculer talonnées par les troupes françaises. La victoire est nette mais les troupes allemandes se reprennent et s’installent «sur une ligne de hauteurs au nord de Ville-sur-Tourbe, Virginy et Massiges» et lancent de multiples assauts meurtriers sur Minaucourt. Les batteries du 1er colonial mettent en échec ces différentes attaques mais le régiment déplore la perte de plusieurs hommes dont le capitaine Epiard, tombé glorieusement à l’ennemi à Wargemoulin-Hurlus (Marne), le 20 septembre 1914 à l’âge de 43 ans.
Il est inhumé au cimetière de Wargemoulin-Hurlus où vient se recueillir régulièrement son épouse. Sa dépouille mortelle est ensuite transférée à la nécropole nationale Le Pont-du-Marson à Minaucourt-le-Mesnil-lès-Hurlus dans la Marne. Tombe n° 8331. Un service funèbre est célébré pour le repos de son âme en l’église Sainte-Anne d’Arvor, le jeudi 15 octobre 1914. Il habitait la rue du Polygone à Lorient. Son nom figure sur le livre paroissial de l’église Sainte-Brigitte de Merville à Lorient.