6 juin 1915 - 1 Mort pour la France

Chapard Jean-Baptiste-Charles-René

© Mémoire des Hommes
© Mémoire des Hommes

Colonel
Officier de la Légion d’honneur
Commandant la 22e Brigade d’infanterie
62e Régiment d’infanterie  
1858-1915

« Je fais pour le mieux tout mon devoir, ne cherchant que la satisfaction du devoir accompli et le témoignage de ma conscience. Je travaille tant que je le puis pour la France. Dieu voudra ou permettra le reste. »

Né à Dijon (Côte-d’Or), le 4 avril 1858, de Jean, Baptiste, Marie Chapard, négociant et de Marie, Catherine Ferret. Il épouse à Saulieu (Côte-d’Or), le 12 avril 1887, Clotilde Chapé qui décède à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), le 12 mars 1892. Il se remarie à Besançon (Doubs), le 7 avril 1896 avec Marie, Jeanne Heitz. En 1876, il s’engage dans l’armée et est admis le 1er avril 1881 à l’École militaire d’infanterie de Saint-Maixent, promotion « Sfax-Kairouan » 1881-1882. Sous-lieutenant, il sert au 99e régiment d’infanterie et poursuit sa carrière tant en France qu’en Tunisie. Affecté au 62e régiment d’infanterie à Lorient en 1912, il s’installe dans le quartier de la Nouvelle-Ville et découvre une cité particulièrement accueillante. À la mobilisation, il part au front avec ses hommes et connaît les violents et meurtriers engagements de Maissin en Belgique. Puis, c’est la bataille de la Marne et l’incroyable victoire !  C’est aussi le moment choisi pour le placer à la tête du régiment. Pendant plusieurs mois, il assure le commandement du 62e qui se bat à Authuile et Thiepval dans la Somme. Le 12 avril 1915, il est nommé commandant par intérim de la 22e brigade d’infanterie et quelques semaines plus tard ce chef de corps remarquable « est frappé mortellement à son poste de commandement, alors qu’il dirigeait les attaques de ses régiment contre les positions ennemies. » Il décède de ses blessures de guerre à Aubigny-en-Artois (Pas-de-Calais), le 6 juin 1915 à l’âge de 57 ans. Lors de ses obsèques à Aubigny, le général Ferry, commandant la 11e division d’infanterie lui rend hommage : « Reposez en paix mon cher Chapard ; reposez enseveli dans votre gloire ! Lorsque vos troupes marcheront au combat, vous serez encore au milieu d’elles. Car c’est votre nom qu’elles auront encore au cœur comme un souvenir de bravoure, d’honneur et de devoir. » Le général Balfournier, commandant le 20e corps, salue la mémoire de ce vaillant soldat  qui « avait le don de parler aux hommes, de les conduire en s’en faisant aimer : l’idéal que nous devons tous poursuivre. » La citation recueillie à l’issue de sa dernière action résume ce sentiment : « Chef de corps remarquable qui, après avoir très bien conduit son régiment depuis le début de la campagne, a, par sa méthode et son activité de tous les instants, fait de son secteur un des mieux organisés malgré les plus grandes difficultés. Fut constamment pour sa brigade un modèle de bravoure et de devoir. » Le mercredi 23 juin 1915, un service de Requiem est célébré pour le repos de son âme en l’église Sainte-Anne d’Arvor à Lorient. Une nombreuse assistance participe à la grand-messe célébrée par le chanoine Diffon, recteur de la paroisse. Ce dernier souligne les sentiments élevés et profondément chrétiens du glorieux défunt. Ses dernières lettres à sa famille sont édifiantes : « Dans les heures graves, je marche au feu avec une pensée de vous au cœur, mon chapelet dans la main, et le calme dans l’âme (…) Je fais mon devoir tout simplement ; je le fais aussi complètement que je le puis et surtout autant que Dieu me le permet. Chaque matin en recevant la communion, je fais la même prière pour nos absents, pour vous, pour mon régiment et pour moi et, enfin pour les victimes de la guerre. Ensuite je m’en remets à la volonté sainte et je pars, plein de courage, à mon service quel qu’il soit. Dans les heures difficiles je trouve toujours un instant pour m’élever vers le seul Conseil, par une prière à la Sainte Vierge et, fort de cet appui, je vais droit au but, pour Dieu, pour la France. » Il habitait 24, rue Brizeux à Lorient. Son nom figure sur les plaquettes commémoratives de l’église Sainte-Anne d’Arvor à Lorient mais également sur le  monument aux morts et à l’église de Vaux-sous-Aubigny en Haute-Marne.