11 novembre 1915 - 1 Mort pour la France

Trémel Charles-Jean-Marie

© Mémoire des Hommes
© Mémoire des Hommes

Soldat de 2e classe
176e Régiment d’infanterie
1896-1915

Né à Lorient, le 29 février 1896, de Charles, Marie Trémel, riveur au port et de Francine, Joséphine, Marie Le Navénec, tailleuse. Recrutement de Lorient. Matricule 149. Classe 1914/1916. Le 19 novembre 1914, il s’engage à Lorient pour la durée de la guerre au 119e régiment d’infanterie et passe le 17 mai 1915 au 176e d’infanterie. Depuis le mois de mai 1915, le 176e est dans les Dardanelles en Turquie. Dans un courrier au Nouvelliste du Morbihan le soldat Trémel raconte les engagements meurtriers contre les troupes turques : « Nos positions étaient merveilleuses, à l’exception d’un coin de nos premières lignes. Nous n’étions éloignés que de quelques mètres de nos ennemis qui étaient venus, par une nuit sombre, jusqu’au pied de notre parapet. Une attaque de notre côté fut jugé nécessaire, mais il fallait tout d’abord se débarrasser des réseaux de fil de fer, ce qui n’était pas chose facile. Cinq volontaires furent demandés. Je me présentai le premier et mon exemple fut suivi par quatre de mes camarades. On nous donna les ordres nécessaires et, vers dix heures du soir, après avoir combiné le plan de travail, je sortis seul et m’engageais sur le terrain. J’avais à peine franchi le parapet, qu’une grêle de balles s’abattit autour de moi. Je suis resté quelques minutes aplati sur la terre, ne faisant aucun mouvement. Quand la rafale se fut un peu apaisée, j’avançais en rampant et quand je fus en contact avec les fils de fer, je pris ma cisaille et rompis l’extrémité du réseau. En longeant, je pus continuer ma besogne et rentrer une bonne longueur de fils de fer barbelés. Mes camarades me succédèrent et, au bout de quelques heures, tout était prêt pour l’attaque du lendemain. Dès la première heure, l’artillerie fit rage. Dans la tranchée, on prépare les baïonnettes, on lance des grenades. À 11 heures un coup de sifflet se fait entendre et la 6e compagnie s’élance à l’assaut. Beaucoup des nôtres tombent, car les mitrailleuses ennemies ont ouvert un feu violent. Tout à coup, un second puis un troisième coup de sifflet retentissent : la 7e et 8e compagnie vont renforcer les héroïques combattants. À notre tour de partir. Nous attendions notre tour avec impatience, mais avec un calme et un sang-froid extraordinaires. Des camarades montent au parapet et reviennent nous apprendre que les Turcs étaient massés sur trois lignes. Le commandant nous défend de sortir, mais notre fusillade est intense et les Turcs sont obligés de se replier. À ce combat, nous n’avons pas gagné de tranchées ; nous nous sommes défendus en brave et avons sauvegardé nos positions aux cris de Vive la France, toujours ! » Après la Turquie, le 176e régiment d’infanterie quitte Seddul-Bahr pour Salonique puis c’est en train qu’il rejoint la Serbie et les crêtes de Rabrovo. C’est le dernier voyage du soldat Charles Trémel tué à l’ennemi sur le champ de bataille à Rabrovo (Serbie), le 11 novembre 1915 à l’âge de 19 ans. Il habitait 13, rue du Blavet à Lorient. Son nom figure sur les plaquettes commémoratives de l’église Saint-Louis.