8 janvier 1916 - 1 Mort pour la France

Hervé François

© Mémoire des Hommes
© Mémoire des Hommes

Soldat de 2e classe
317e Régiment d’infanterie
1878-1916

Né à Plouray (Morbihan), le 8 juillet 1878, de Louise Hervé, journalière. Il épouse à Lorient, le 1er juillet 1905 : Marie, Josèphe Moëllo. Recrutement de Lorient. Matricule 2839/2463. Classe 1898. Il est tué glorieusement à l’ennemi à Massiges (Marne), le 8 janvier 1916 à l’âge de 37 ans. Le 2 août 1914, il est mobilisé au 88e régiment d’infanterie territoriale et affecté le 17 octobre 1914 au 317e d’infanterie. Après la bataille de Champagne le régiment arrive dans la nuit du 2 au 3 janvier 1916 dans le secteur Maison de Champagne – Main de Massiges dans la Marne. L’endroit est sinistre et dans un triste état : « Il est inexistant au point de vue défensif ; les boyaux sont plein d’eau et de boue, les réseaux insignifiants, la ligne de soutien à peu près nulle ; bien plus, de nombreux boyaux sont communs aux Français et aux Allemands, et nous sommes séparés de l’ennemi par de simples barrages. » Les hommes sont dépités mais se mettent au travail afin d’améliorer les lieux tout en se méfiant d’une attaque par les gaz et par lance-flammes. Le régiment ne connait pas encore ce type d’attaque « inventé par un ennemi sans foi ni loi, sans conscience et sans honneur. » Le 8 janvier, l’artillerie allemande pilonne les premières lignes et brusquement, de leurs tranchées, «un nuage de fumée, une fumée lourde, noire, épaisse jaillit des tranchées. Le nuage ne s’élève pas, il se traîne, il rampe épousant le relief du terrain ; je le vois grimper sur la crête comme un animal gigantesque, gluant et hideux, que supporteraient des milliers de pattes invisibles, trop faibles pour son corps flasque et pesant. Derrière lui, sous lui, tout disparaît, il enveloppe les mamelons, emplit les creux, semble niveler le terrain. Lentement, il avance vers nous ; et nous l’attendons, étouffant sous nos maques, grotesques et congestionnés.» L’ennemi profite de l’effroi provoqué par la nappe de gaz et le bombardement d’obus lacrymogènes pour investir en force le boyau d’Ubermarck. Devant la menace, les soldats du 317e se lancent courageusement à l’attaque et se battent toute la nuit dans le boyau, « piétinant morts et blessés, glissant dans le sang, attaquant et nous défendant à la grenade et au couteau. » Lors de cette nuit d’épouvante et d’horreur, le régiment comptabilise 93 blessés, 147 disparus et 38 tués dont le soldat Hervé, qui s’est particulièrement distingué. Il habitait 9 rue François Jégou à Lorient.