17 juin 1916 - 2 Morts pour la France

Diraison Eugène-Jules-Olivier

© Mémoire des Hommes
© Mémoire des Hommes

Lieutenant
Chevalier de la Légion d’honneur
Croix de guerre
106e Bataillon de chasseurs
1873-1916

Né à Plouescat (Finistère), le 31 juillet 1873, de Nicolas, Jean Diraison, notaire et d’Eugénie, Marie Marrec. Il épouse à Toulon (Var), le 2 juillet 1900, Élisabeth, Charlotte, Aurélie Lafon. Matricule 6203. Classe 1893. Il entre à l’École navale en 1891 et est nommé aspirant en 1893. Il commence sa carrière militaire à Toulon puis à Madagascar. À la suite du naufrage du croiseur La Pérouse1 à Madagascar le 1er août 1898, il écrit sous le pseudonyme de Seylor un ouvrage intitulé « Les Maritimes, mœurs candides » qui met en cause les autorités et l’épopée coloniale française en Cochinchine. Cette publication rencontre le succès mais provoque l’indignation de la Marine. Il est provoqué cinq fois en duels par des officiers mis en cause dans son roman. Il est jugé à la préfecture maritime de Brest pour « faute grave contre la discipline » et réformé en 1901. De retour à la vie civile, il poursuit une carrière d’écrivain et publie de nombreux ouvrages dont : « Le Tout-Pourri, roman de mœurs parisiennes », « Le Livre de la houle et de la volupté, roman du Pacifique », « le Pays des petites filles », « Demi-Blanc ». En 1906, il rejoint l’administration coloniale du Laos tout en continuant à écrire. À la mobilisation, il refuse de réintégrer la marine et s’engage dans l’infanterie. Le 13 juin 1916, le 106e relève à Verdun les compagnies du 410e régiment d’infanterie et occupe les trous d’obus afin de se protéger du pilonnage incessant de l’artillerie et de l’offensive des fantassins ennemis. Le 17 juin, le 106e se lance à l’attaque des tranchées allemandes solidement protégées par les mitrailleuses qui font de nombreuses victimes. Il progresse de trous d’obus en trous d’obus et inflige des pertes sévères à l’adversaire qui se cramponne à ses positions. Le lieutenant Diraison « blessé d’une balle au ventre et tombé dans un trou d’obus refuse, de se faire évacuer, se fait passer un fusil et des cartouches et, dans toute la journée, prenant une tranchée d’enfilade, il tire sur chaque allemand qui se présente. L’ennemi l’achève en fin de journée à la grenade.2 » Il est tué3 à l’ennemi à l’attaque du bois de Nawé à Verdun (Meuse), le 17 juin 1916 à l’âge de 42 ans. Il habitait 27 rue Michel Bouquet à Lorient. Son nom figure sur les plaquettes commémoratives de l’église Sainte-Anne d’Arvor à Lorient et sur les plaques de marbre des écrivains morts pour la France4 en 1914-1918 au Panthéon à Paris.

1 La Pérouse était un vieux croiseur en bois de 1878, commandé par le capitaine de vaisseau Huguet. Il était mouillé en rade de Fort-Dauphin lorsqu’éclate un raz de marée. Malgré les précautions prises par le commandant, le croiseur est jeté à la côte et s’échoue.

2 Historique du 106e Bataillon de Chasseurs à Pied.

3 En trois jours de combat, (17,18, 19 juin) le 106e déplore la mort de 83 soldats et totalise 326 blessés ou disparus.

4 560 noms d’écrivains morts lors du conflit de 1914-1918 sont recensés.

Jacob Pierre-Marie

© Mémoire des Hommes
© Mémoire des Hommes

Sergent fourrier
Croix de guerre
65e Régiment d’infanterie
1893-1916

« Sergent d’une bravoure exceptionnelle a été tué au barrage des grenadiers en luttant avec une bravoure qui fit l’admiration de tous. » Citation à l’ordre du régiment du 30 juillet 1916.

Né à Keryado, le 10 septembre 1893, de Pierre, Marie Jacob, marin et de Marie, Alexandrine Le Moële, ménagère. Recrutement de Lorient. Matricule 5297/3230. Classe 1913. Le 5 août 1914, une foule enthousiaste accompagne à la gare de Nantes dans la Loire-Inférieure le 65e d’infanterie1 qui part en Belgique défendre le pays contre l’envahisseur. La plupart des hommes connaissent le baptême du feu, le 22 août 1914 à Maissin en Belgique : « C’est l’époque des magnifiques charges à la baïonnette, où officiers et soldats affirment les splendides qualités de bravoure de la race ! 2» C’est ensuite la bataille de la Marne et la poursuite de l’ennemie contraint à son tour à la retraite. Le sergent Jacob est blessé le 8 juin 1915 et fait l’objet d’une brillante citation : « A été blessé en entraînant ses hommes en chantant à l’assaut de la tranchée ennemie. » Rétabli, il rejoint son unité déployée à Verdun dans la Meuse et est tué à l’ennemi à Thiaumont (Meuse), le 17 juin 1916 à l’âge de 22 ans. Un service funèbre est célébré pour le repos de son âme en l’église Saint-Joseph de Keryado, le mercredi 2 août 1916. Son nom figure sur le monument aux morts de Keryado.

1 Le sergent Jacob est incorporé le 1er octobre 1913 au 65e régiment d’infanterie.

2 Historique du 65e Régiment d’infanterie.