5 mai 1917 - 4 Morts pour la France

Gorbellec Jean

© Mémoire des Hommes
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Soldat de 2e classe
93e Régiment d’infanterie
1892-1917

Né à Le Croisty (Morbihan), le 28 août 1892, de Mathurin Gorbellec, laboureur et de Marie-Louise Le Navenec, cultivatrice. Recrutement de Lorient. Matricule 9151/2655. Classe 1912. Il est tué à l’ennemi à Cerny-en-Laonnois (Aisne), le 5 mai 1917 à l’âge de 24 ans. Il habitait 35 rue Docteur Villers à Lorient. Son nom figure sur les plaquettes commémoratives de l’église Sainte-Anne d’Arvor.

Le Bris Georges-Joseph-Marie

© Mémoire des Hommes
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Caporal
62e Régiment d’infanterie  
1896-1917

Né à Lorient, le 22 mars 1896, de Jean, Marie Le Bris, canonnier à l’artillerie de la marine et de Marie, Hyacinthe Corbellet, tailleuse. Recrutement de Lorient. Matricule 6581/458. Classe 1916. Il est tué à l’ennemi devant Ailles (Aisne), le 5 mai 1917 à l’âge de 21 ans. Un service funèbre est célébré pour le repos de son âme en l’église Saint-Louis, le mercredi 27 juin 1917. Il habitait 10 rue de la Mairie à Lorient. Son nom figure sur les plaquettes commémoratives de l’église Saint-Louis.

Lucas Émile-Henri-Alexandre-Marie

© Mémoire des Hommes
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Caporal
Croix de guerre
62e Régiment d’infanterie  
1895-1917

Né à Inguiniel (Morbihan), le 16 août 1895, de François, Marie Lucas, sabotier et de Marie Flégeau, ménagère. Recrutement de Lorient. Matricule 84. Classe 1915. Le 16 décembre 1914, il est incorporé au 118e régiment d’infanterie et passe le 15 juin 1916 au 62e d’infanterie. Il est tué à l’ennemi devant Ailles (Aisne), le 5 mai 1917 à l’âge de 21 ans. Un service funèbre est célébré pour le repos de son âme en l’église Saint-Louis, le samedi 23 juin 1917. Il habitait 3 rue de l’Enclos du Port à Lorient. Son nom figure sur les plaquettes commémoratives de l’église Saint-Louis à Lorient et sur le mur de clôture du mémorial de Sainte-Anne d’Auray dans le Morbihan.

Palaric Emilien-Adolphe

© Mémoire des Hommes
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Capitaine
Chevalier de la Légion d’honneur
Croix de guerre
62e Régiment d’infanterie  
1894-1917

« Jeune officier d’une bravoure admirable, d’un sang-froid et d’une évolution au feu extraordinaire. Le 5 mai 1917 s’est porté courageusement à l’attaque des positions allemandes, a réussi à atteindre une partie de ses objectifs. En présence de forces ennemies supérieures, a résisté pied à pied et s’est fait tuer sur place sur la position qu’il ne voulut pas abandonner. »

Né à Lorient, le 24 octobre 1894, de Jean-Marie Palaric, gardien de batterie de la marine en retraite et Marie, Joséphine Soulas. Recrutement de Lorient. Matricule 959/1484. Classe 1914. Ce Saint-Cyrien de la 98e promotion « de la Croix du Drapeau » 1913-1914, part au front après un an d’école avec le grade de sous-lieutenant. Grièvement blessé dès le début de la guerre et soigné à l’hôpital de la Croix-Rouge à Lorient, il repart au front en novembre 1914 et se distingue une nouvelle fois sur les champs de bataille de la Boisselle et de Verdun. Il est cité[1] à l’ordre de la 2e armée par le général de Castelnau : « Blessé le 26 décembre par un éclat de projectile, dans les tranchées devant la Boisselle, s’est fait faire un pansement provisoire, est resté avec sa troupe jusqu’à la fin du bombardement, a repris son service avant guérison complète. Blessé une première fois à Maissin, le 22 août 1914, une deuxième fois au bois de la Mariée, le 28 août, une troisième fois à Vassimont le 7 septembre, par une balle à l’épaule, avait rejoint le front le 7 novembre. » Ce comportement exemplaire lui vaut un avancement rapide, il est promu capitaine à 21 ans et cette promotion fait de lui l’un des plus jeunes capitaines de France. Lors de l’offensive de Champagne, sa bravoure au combat[2] de Tahure, le 25 septembre 1915 est une nouvelle fois récompensée : « Officier très courageux. S’est porté bravement à l’attaque des positions ennemies à la tête de sa compagnie. Pris sous le feu d’une mitrailleuse, l’a enlevée à la baïonnette ». A 22 ans à peine, il est capitaine à titre définitif et considéré comme « un officier très intelligent et très instruit appelé au plus brillant avenir.» Il confirme cette appréciation par de nouvelles citations : « Officier extrêmement énergique et brave. Le 17 avril 1916, a fait preuve de beaucoup de caractère en maintenant sa compagnie sur ses positions, pendant plusieurs heures, malgré un bombardement extrêmement violent et bien que toutes les tranchées voisines fussent tombées entre les mains de l’ennemi. En fin de journée, au-milieu d’un combat violent, a trompé la surveillance de l’ennemi pour échapper à la captivité et, au péril de sa vie, sous les balles, a rejoint le bataillon. » L’année suivante, il recueille de nouveaux lauriers : « Le 31 mars 1917, s’est élancé avec une grande bravoure à l’attaque des positions ennemies à la tête de sa compagnie, sous un feu violent d’artillerie et de mitrailleuses. A employé toute son énergie à atteindre l’objectif assigné. Y est parvenu.[3] » Admiré de ses hommes, le jeune officier fait son devoir et s’illustre pour la dernière fois au Chemin des Dames. Commandant la 2e compagnie du 62e, il s’élance le 5 mai 1917 à la tête de ses soldats à l’assaut des positions ennemies et s’installe dans les premières tranchées conquises : « Les contre-attaques ennemies nous enlevèrent à gauche, une partie de nos gains, mais la compagnie Palaric maintenait énergiquement sa position. Elle l’eut certainement maintenu, si un éclat d’obus malheureux, n’était venu frapper de mort son capitaine. » Il tombe sans une plainte, en soldat et en chrétien à Ailles (Aisne), le 5 mai 1917 à l’âge de 22 ans. Avant d’expirer, il demande à ses hommes : « Dites surtout à ma mère que je l’aime et que je meurs en bon chrétien. [4]» Cette fin brutale marque profondément les hommes qui appréciaient leur capitaine et nombreux furent ceux qui le pleurèrent. : « Il vous gagnait si vite par sa gaieté, son entrain endiablé, son exubérance toute juvénile. On sentait en lui tant de naturel, tant de loyauté, tant de bonté. Ses chefs et ses camarades l’estimaient et l’aimaient, ses hommes l’adoraient. C’est qu’il savait allier à la fermeté et à la bienveillance du chef, la camaraderie de bon aloi qui unissait si étroitement au front officiers et soldats. » Un service funèbre est célébré pour le repos de son âme en l’église Saint-Louis, le mardi 5 juin 1917. Il habitait 9, rue Georges-Collier à Lorient. Son nom figure sur les plaquettes commémoratives de l’église Saint-Louis, de l’institution Saint-Louis et du lycée de Lorient. Il est également inscrit sur le mur de clôture du mémorial de Sainte-Anne d’Auray dans le Morbihan. Sa dépouille mortelle est rapatriée du front, le vendredi 16 décembre 1921 à Vannes puis à Lorient. Ses obsèques sont célébrées[5] en l’église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle de Kerentrech, le lundi 19 décembre 1921, suivies de l’inhumation au cimetière de Carnel. Un vibrant discours prononcé par le commandant Verjux devant sa tombe rend hommage à sa bravoure et rappelle ses hauts faits : « C’est à Maissin, le 22 août 1914, où il se porte à l’attaque sous de violentes rafales de mitrailleuses, est blessé à la jambe d’un coup de baïonnette et fait prisonnier, mais où il réussit à s’échapper pendant la nuit pour revenir dans nos rangs. C’est à Vassimont, près de Lenharrée, au début de septembre 1914, ou il arrête presqu’à bout portant par un feu violent, bien ajusté, un escadron de uhlans saxons, dont les chevaux viennent s’écrouler sur le parapet de sa tranchée. C’est à Tahure, en Champagne, le 25 septembre 1915, où la compagnie qu’il commandait parvient à s’emparer de plusieurs mitrailleuses et de quelques batteries. C’est à Verdun, en avril 1916, où dans les circonstances les plus critiques, il sait galvaniser tout son monde, et infliger à l’ennemi des pertes cruelles. Sa compagnie entourée, écrasée sous le nombre est faite prisonnière, mais Palaric réussit à s’échapper, sous un feu violent, avec l’un de ses officiers, deux sous-officiers, et un ou deux de ses hommes. C’est à Verdun encore, le 3 novembre de la même année, où il contribue à l’occupation du fort de Vaux, et où, renversé par un obus il n’échappa à la mort que par hasard. C’est à Vregny, en mars 1917, où il s’empare, avec les autres compagnies du bataillon, du plateau qui domine le hameau de Vauvenay et le village de Nanteuil-la-Fosse. » Mais c’est à sa mère que les mots les plus émouvants sont adressés : « vous pouvez été fière de votre fils, Madame, car toutes ces idées d’honneur et de devoir, il vous les devait. C’est vous, qui par vos soins assidus, avez fait de votre enfant un si noble cœur, un si brave soldat. La France vous l’a demandé, vous le lui avez donné. C’est un grand sacrifice, mais la Victoire est faite du Sacrifice de pareils héros. Ancien élève de l’institution Saint-Louis et du lycée de Lorient, Palaric figure sur le tableau des grands morts de ces écoles. Que les jeunes s’y inspirent de son grand exemple et entretiennent le culte de son souvenir. Enfant de Lorient, Palaric fait honneur à la Cité et la Cité peut être fière de son enfant. » Après de nombreuses années d’oubli, le conseil municipal de Lorient, attribue Le 23 décembre 1964, le nom d’Emilien Palaric à une rue de la ville. Sur la sépulture de la famille au cimetière de Carnel quelques lignes rappellent sa mort glorieuse au champ d’honneur :

Capitaine PALARIC
tombé au Champ d’Honneur
dans l’Aisne le 5 Mai 1917
22 ans

Son nom figure sur le mur de clôture du mémorial de Sainte-Anne d’Auray dans le Morbihan.



[1] Le 25 janvier 1915.

[2] Le 21 octobre 1915. 2e citation à l’ordre du 11e corps d’armée. Général Baumgarten.

[3] Citation à l’ordre de la division du 14 avril 1917.

[4] Le Nouvelliste du Morbihan. Le 12 mai 1917.

[5] Par le chanoine Guéhennec, recteur de la paroisse.