Les régiments lorientais

Depuis 1874, la France est divisée en régions militaires qui comptent approximativement le même nombre de recrues. Ce découpage administratif regroupe plusieurs départements. A la veille de la guerre, Lorient fait partie de la 11e région ou Corps d’Armée de Nantes. Les Lorientais qui s’engagent durant le conflit ne sont pas nécessairement affectés à des régiments lorientais. De plus, les soldats peuvent changer plusieurs fois de régiment au cours de la guerre entre 1914 et 1919. Par exemple, le Lorientais Jean Le Cair connait trois régiments successifs.

Lorient comprend plusieurs régiments.

62e RI et 262e RI

Plaque commémorative du 62e RI
Plaque commémorative du 62e RI

- le 62e Régiment d’Infanterie : Créé en 1791, le 62e occupe la caserne Bisson à Lorient de 1871 à 1923. Composé de Bretons et de Vendéens, celui-ci perd 2416 soldats durant le conflit. En 1917, 940 hommes tombent au champ d’honneur en une seule journée lors de l’attaque du village d’Ailles. Commandé par le colonel Costebonnel, le régiment quitte la ville les 7 et 8 août 1914 et reçoit son baptême du feu fin août en Belgique. Le régiment est cité à l’ordre de l’armée pour sa conduite exemplaire en 1916 et 1918, puis à l’ordre du corps de cavalerie en 1918 pour son action dans la Somme.

- le 262e Régiment d’Infanterie : Constitué en 1914, il est issu du 62e RI dont il est le régiment de réserve. Celui-ci perd 1257 soldats durant la guerre. En avril 1916, le régiment a pour projet de fonder une musique militaire. Il demande donc à la municipalité de Lorient de l’aider à acheter des instruments et des partitions. Il est dissout le 16 février 1918 pour rejoindre l'artillerie d'assaut pour l'accompagnement des chars. C'est en effet le seul régiment français formé pour accompagner les chars.

88e RIT et 288e RIT

- le 88e Régiment d’Infanterie Territoriale : le 2 août 1914, le 88e régiment territorial d’infanterie, formé à quatre bataiilons, est convoqué en entier à Lorient. Les 1er et 2e bataillons chargés de concourir à la défense de la place forte de Lorient, quittent Lorient les 4 et 5 août et vont cantonner à Poeumeur, Groix, Port-Louis et Riantec. Ils restent dans ces cantonnements jusqu’au 24 août, date à laquelle ils rentrent à Lorient pour être embarqués, le 25 août, à destination du camp retranché de Paris. le 5 août, les 3e et 4e bataillons ont quitté Lorient à destination de Brest pour concourir à la défense de cette place forte. Il est dissout à la fin de la guerre.

- le 288e Régiment d’Infanterie Territoriale : le 2 août 1914, le 88e régiment territorial d'infanterie, formé à quatre bataillons, est convoqué en entier à Lorient, il est issu du 88e RI dont il est le régiment de réserve. Le 5 août, les 1er et 2e bataillons quittent Lorient pour être affectés à la défense de cette place forte. Ils cantonnent à Plœmeur, Groix, Port-Louis et Riantec. Les 3e et 4e bataillons, qui ont reçu l'ordre de partir pour Brest, quittent Lorient. Ces deux bataillons sont mis à la disposition du commandant de la place forte de Brest. Le 7 août, le 4e bataillon quitte Brest et cantonne à l'Abervrach, Kermenguy, lesBlancs-Sablons. Le 12 août, le 3e bataillon quitte Brest pour Saint-Renan. Le 29 octobre, les deux bataillons reçoivent l'ordre de se former en régiment sous la dénominationde 88e régiment territorial d'infanterie de marche. Le lieutenant-colonel de GOUVELLO prend le commandement du régiment. 101 soldats de ce régiment meurent durant le conflit.

Le 1er Régiment d’Artillerie Coloniale

1er RAC (Régiment d'artillerie coloniale) - source : gallica.bnf.fr / Service historique de la Défense
1er RAC (Régiment d'artillerie coloniale) - source : gallica.bnf.fr / Service historique de la Défense

Il est créé en 1622, le régiment prend cette appellation en 1900. Il est dissout en 1940. Le 8 et 9 août, celui-ci quitte la caserne Frébault et combat l’ennemi pour la première fois le 22 août. En avril 1918, la grosse « Bertha » menace Paris. Le chef d’escadron, Laurent, qui habite Lorient, a pour mission de la mettre hors de nuire. Après avoir reçu les indications de réglage de tir par l’aviation, le 1er RAC la réduit au silence. Il est cité deux fois à l’ordre de l’armée durant la guerre et reçoit la croix de guerre 1914-1918.

La Brigade des fusiliers marins

Un fusilier-marin
Un fusilier-marin

Elle est créée le 7 août 1914 avec le surplus d’effectif dont dispose la Marine. La brigade est composée de deux régiments et regroupe 6000 hommes venant de Lorient, Rochefort, Brest, Cherbourg et Toulon sous le commandement du contre-amiral Ronarc’h. La mission initiale de la Brigade est de défendre Paris et sa banlieue. L’extrême jeunesse des 700 apprentis fusiliers marins dont les plus jeunes ont à peine seize ans et demi surprend les Parisiens qui les surnomment les « Demoiselles de la Marine ». Puis c’est au tour des Allemands d’être surpris et de les nommer les « Demoiselles au pompon rouge ». Du 16 octobre au 10 novembre 1914, la Brigade s’illustre à Dixmude en empêchant les Allemands de passer l’Yser. Le 11 janvier 1915, la brigade reçoit à Dunkerque, son drapeau des mains du président de la République, Raymond Poincaré. Après avoir combattu à Nieuport, le gouvernement décide de dissoudre la Brigade en novembre 1915. Celui-ci a besoin d’hommes pour lutter contre les sous-marins allemands. Il est alors décidé de la création d’un bataillon de fusiliers marins qui reçoit le drapeau de la brigade et reste au front. La brigade perd 13 844 hommes en seize mois. En 1919, les fusiliers marins de la brigade et du bataillon reçoivent leur 6e citation.

Lorient accueille les dépôts militaires de différents régiments situés en zone occupée durant la guerre.

- Le 45e Régiment d’Infanterie : Créé en 1643, ce régiment est caserné à Laon.

- Le 245e Régiment d’Infanterie : Constitué en 1914 il est issu du 45e RI dont il est le régiment de réserve. Il est dissout en octobre 1917.

- Le 29e Régiment d’Artillerie : Caserné à Laon.